J'appelais les séraphins en pleurs
un soir d'automne,à cinq heures,
quand le temps est nostalgique
et que l'âme frissonne de gouttes d'eau.
Sous les nuées ardentes
je hurlais mon bonheur
comme un poète épique
chante la gloire des héros.
Un tourbillon des jours
déferle en cascades grivrantes;
tout au long de ma chair,
il pose son blanc linceul.

Encore une fois j'irai
voir si la vie vaut la peine;
puis,sans laisser de trace,
je déserterai ce qui m'est cher.
Des sarcasmes endoloris
aux falaises de marbre,
en passant par tous les supplices,
j'errerai,voyageur sans bagage.
A tous les passages,
je désapprends à mourir,
trouvant qu'exister est une raison
que notre folie ne peut renier.
Tel que je suis,
ou que je voudrais être;
si jamais il me reste l'amour,
gardons-le,toi et moi.
(édité 4T1983)
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